#AntinucléairesVSclimat : « Le nucléaire, c’est trop cher ! »

Thread initial par @AStrochnis :

Les passages en italique sont les retranscriptions exactes des propos de l’auteur de ce thread. Les passages en caractères romans sont mes propres ajouts et commentaires, dont je vais minimiser le nombre pour ne pas dénaturer le propos initial.

Il y a eu un erratum suite à certains propos erronés de ce thread, je le joins également en fin de billet.

Et moi, je vais m’intéresser d’abord à cette fiche-ci. J’ai déjà commencé hier avec le petit encart en haut à gauche.

En substance, le chiffre en lui même n’est pas complètement faux, mais il faut aller voir plus loin et lire l’étude en entier. Même avec ces surcoûts, le kW installé nucléaire est moins cher que le kW installé éolien et beaucoup moins cher que le kW installé photovoltaïque.
Et encore, on ne parle que de kW installé, c’est-à-dire qu’on ne parle pas de facteur de charge, ni même de renouvellement du parc. Je rappelle qu’une centrale nucléaire est prévue pour durer 60 ans (EPR) voire même 80 ans pour les centrales américaines.
L’éolien et le PV, c’est 20 ans. C’est-à-dire que les investissement, il faudra les réaliser 3 fois pour les ENR là où une seule fois sera suffisant pour le nucléaire.
Pour plus de détail, allez voir
⬇️⬇️

Maintenant intéressons nous au bas de l’infographie, dont les données sont tirées de l’étude Lazard 2017. Pour celles et ceux qui voudraient la voir, elle est disponible ici.

Il s’agit d’une étude réalisée par la banque Lazard sur les coût des différents modes de production d’électricité aux États-Unis, et uniquement aux États-Unis. La méthode est-elle applicable en France? À priori je dirai non, déjà pour une raison énoncée en page 3 de l’étude :

« Does not reflect decomissioning costs or potential economic impact of federal loan guarantees or other subsidies. Low and high end depicts an illustrative nuclear plant using the AP1000 design. »

Outre le fait que le démantèlement n’est pas compté (mais il ne l’est pour aucun moyen de production), le souci est que les réacteurs sont des AP1000, qui ne sont pas utilisés en France, et je ne suis pas sur que ces coûts soient utilisables tels quels. Mais ce n’est pas le pire.
En page 2, qui est le graphe représenté par 
@sdnfr, il est un petit incipit, qu’ils ont visiblement oublié de lire, et que je vous livre :

« Certain Alternative Energy generation technologies are cost-competitive with conventional generation technologies under some scenarios; such observation does not take into account potential social and environmental externalities (e.g., social costs of distributed generation, environmental consequences of certain conventional generation technologies, etc.), reliability or intermittency-related considerations (e.g., transmission and back-up generation costs associated with certain Alternative Energy technologies) »

Et oui, les jolis chiffres présentés par @sdnfr traduisent, une fois de plus, le coût d’énergie installée, et non réel. En prenant un facteur de charge de 23% pour l’éolien et de 70% pour le nucléaire, on passe à des fourchettes de 130 à 260 $/MWh pour l’éolien et 160 à 261 $/MWh pour le nucléaire. [Voir à ce sujet l’erratum en bas de page]

Je rappelle également que compte tenu des durées de vie, il faudra refaire certains investissement. Sur 60 ans par exemple, les investissement fixes (hors combustibles donc) seront faits une seule fois
[pour le nucléaire] contre trois fois pour le vent.
Ce qui donne donc un coût du MWh éolien trois fois plus cher que celui du nucléaire.

Je rappelle également que compte tenu des durées de vie, il faudra refaire certains investissement. Sur 60 ans par exemple, les investissement fixes (hors combustibles donc) seront faits une seule fois [pour le nucléaire] contre trois fois pour le vent.
Ce qui donne donc un coût du MWh éolien trois fois plus cher que celui du nucléaire.

Chers amis de @sdnfr, il va falloir apprendre à lire plus consciencieusement les études. J’espère que vous n’avez pas externalisé cette prestation, sinon vous vous êtes fait escroquer.

Dernier point, il est question également dans l’étude question d’émission de CO2 en comparaison avec des centrales à charbon (on rappelle qu’ils en prennent pas en compte l’intermittence). Ça me rappelle le rapport du GIEC sorti il y a deux jours, vous savez celui où divers mix électriques sont testés pour pouvoir contenir le réchauffement à 1,5 °C, dans lesquels certes les ENR croissent entre 40% et 70% par rapport à 2010, mais où également la part du nucléaire double voire quintuple. Une petite réaction @sdnfr?
Ou alors c’est comme pour le reste, vous faites du cherry picking sans vous soucier des hypothèses.

Ah oui, et concernant le graphe en haut à gauche de votre infographie, concernant les investissement.
C’est aussi de l’escroquerie intellectuelle.
L’investissement se fait parce qu’il y a un tarif de rachat garanti et un bénéfice garanti pour le client. C’est la subvention qui génère l’investissement. Arrêtez les subventions, et vous verrez qu’on investira beaucoup moins dans les ENR.

Et sinon, [dans le prochain thread/billet] je reviens vous parler d’une autre de leurs fiches, qui présente l’Allemagne comme LE modèle à suivre, et qui est aussi truffée de mensonges.
Bisou .

Erratum :

J’ai commis deux erreurs : concernant les facteurs de charge, et les coûts relatifs aux durées de vie.

Je pensais que Lazard avait travaillé sur la puissance installée. En fait non, les facteurs de charge utilisés étaient de 90% pour le nucléaire et 50% pour l’éolien. Pour l’actualisation, j’avais bêtement multiplié par trois les coûts éoliens car ne elles durent que 20 ans.

J’ai donc repris les données d’entrées de Lazard et appliqué à nos « spécificités françaises », sur les facteurs de charge et la durée de vie des installations. Mes nouvelles hypothèses sont donc les suivantes. Pour l’éolien, 23% et 20 ans. Le nuc, c’est 67% et 60 ans.

Pour le solaire, c’est 18% et 30 ans. A noter que Lazard avait initialement pris 40 ans pour la durée de vie d’une centrale. Pour les coûts, j’ai pris les chiffres des pages 18, 19 et 20 de l’analyse Lazard.

Total Capital cost pour l’investissement , fixed et variable O&M pour les coûts d’exploitation, et les coûts de combustible pour le nuc. J’ai aussi pris pour hypothèse, comme Lazard (page 17), que les coûts d’exploitation augmentaient de 2,25% chaque année (O&M escalation rate).

Je n’ai pris que ces données-ci pour calculer un coût total durant l’exploitation du parc et ramené à un coût moyen par MWh. Je tiens également à disposition mes fichiers excel si besoin.
[Contactez @Astrochnis sur Twitter pour ça]

Il s’agit donc de calculs hors coûts de réseau, de démantèlement et de gestion d’intermittence. Je n’ai pas regardé, dans un premier temps, les coûts de remplacements des parcs. Et il s’agit uniquement de déterminer les coûts bruts des différentes filières, pas de prendre en compte la fiscalité ou le financement.

Voici le premier résultat auquel je suis arrivé. Le nucléaire reste donc légèrement plus cher que l’éolien, dont acte. Et le solaire beaucoup moins cher.

Les écarts de ces résultats par rapport à l’étude initiale sont principalement dues aux variations de facteurs de charge, qui augmente substantiellement le coût de l’éolien. La baisse du coût du nucléaire vient de la durée de vie.

L’hypothèse américaine était d’une exploitation de 40 ans, j’ai pris 60.
Mais j’avais quand même l’impression de comparer des choux et des carottes du fait que les parcs avaient des durées de vie différentes. J’ai donc voulu calculer les coûts des remplacements des parcs en formulant plusieurs hypothèses : les coûts O&M continuent d’augmenter au rythme de 2,25% par an, et les besoins en investissement pour réinstaller les parcs sont les mêmes. C’est-à-dire que si à l’instant T on a besoin de 1000$ pour installer une éolienne,dans 20 ans on aura aussi besoin de 1000$.

Les facteurs de charges sont pris inchangés (hypothèse discutable, mais je n’ai pas d’infos sur ce qu’ils pourraient être dans 20 ou 40 ans). Et j’ai pris deux scénarios : les investissements nécessaires sont provisionnés ou pas. Provisionnés, cela signifie que les capitaux nécessaires aux remplacement existent dès le début du projet, mais sont placés de manières à être utilisés dans 20, 30 ou 40 ans. Pour les taux d’actualisation, je me suis basé sur la Banque de France.

J’ai donc pris la moyenne arithmétique des valeurs des TEC 20 et 30 ans sur les 12 derniers mois, soit 1,3% pour 20 ans et 1,66 pour 30 ans. Comme je n’ai pas trouvé de TEC 40 ans, j’ai pris arbitrairement 2%. Cela signifie en gros pour pour remplacer le parc éolien dans 20 ans, j’aurai besoin d’une somme entre 1200 et 1600 $/kWh, et que ça revient à disposer aujourd’hui de sommes entre 926 et 1273 $/kWh…

Et j’ai appliqué ces formules pour le renouvellement du parc solaire au bout de 30 ans, et deux renouvellement de parc éolien à 20 et 40 ans. Et voici le résultat :

Et j’ai aussi fait la même chose si les réinvestissements n’étaient pas provisionnés, dès le début.

Donc en synthèse, si on tient compte des remplacement de parc pour maintenir la production électrique, le nucléaire et l’éolien ont des coûts similaires, le solaire étant moins cher.
Et en conclusion, l’étude de 
@sdnfr reste quand même foireuse.

Au passage, dernier point sur cette étude de @sdnfr. Ils ont précisé que l’étude Lazard était applicable au reste du monde.
Seulement, le levelized cost of energy, tel que calculé par Lazard, dépend des taxes appliquées, et a pris pour hypothèse un amortissement sur 20 ans pour toutes les technologies (voir page 17 de l’étude). Donc non, ce n’est pas un modèle applicable en dehors des Etats-Unis.


#AntinucléairesVSclimat : « Le nucléaire est totalement hors délai », 2/2.

Première partie.

Thread initial :

On commence gentiment.

« Extraction de l’uranium, construction des centrales, gestion des déchets : la filière nucléaire émet aussi des gaz à effet de serre. »

D’une part, soyons clairs, personne ne prétend le contraire. Il suffit de voir la quantité de béton apparent d’une centrale nucléaire pour s’en douter.
D’ailleurs, dans le billet précédent, je parlais moi-même de remplacer du charbon par du « nucléaire à 50 grammes de CO2 par kilowattheure ».

Alors, le nucléaire émet des gaz à effet de serre, oui. Combien ? Là… Il y a deux grandes écoles : les antinucléaires ressortent régulièrement le nombre de 66 grammes d’équivalent CO2 par kilowattheure. Tandis que l’industrie française, mais aussi le GIEC, retiennent des Analyses de Cycle de Vie (ACV) à une dizaine de g/kWh. Entre 5 et 15, généralement 12 grammes.

Je vais aller chercher deux études pour cela. La première est celle systématiquement invoquée par les antinucléaires, celle de Sovacool et al. Et elle est accessible publiquement.
Cette étude, qui compile tout un tas d’études d’ACV du nucléaire dans le monde et en fait la moyenne (méthodologie discutable), aboutit donc à 66 g/kWh.
Mais c’est une pseudo-moyenne mondiale. Avec d’énormes disparités par pays. Je ne peux pas l’expliquer en détail, mais je peux l’illustrer par un exemple, l’enrichissement de l’uranium.
En France, jusque dans les années 2000 où l’on est passé à l’ultracentrifugation, l’enrichissement de l’uranium se faisait par un procédé que l’on appelle la « diffusion gazeuse ». On faisait ça à l’usine Eurodif, au Tricastin.

D’ailleurs, les tours aéroréfrigérantes que l’on voit surplomber la centrale du Tricastin depuis l’autoroute du soleil ou la LGV Sud-Est appartiennent à cette usine d’enrichissement, pas à la centrale nucléaire.

Notez, sur la photo précédente, la cheminée sur la gauche des tours aéroréfrigérantes. Cette cheminée et une ou les deux tours sont très souvent utilisés pour illustrer des centrales nucléaires, dans la presse française. Alors que l’on parle de deux des très rares tours aéro existantes en France qui ne soient pas rattachées à une centrale nucléaire ^^ ».

Une particularité de la diffusion gazeuse est qu’elles est EXTRÊMEMENT consommatrice d’énergie. Eurodif, qui produisait de l’uranium enrichi pour une centaine de réacteurs nucléaires en France et en Europe consommait à elle seule la production électrique de deux à trois des réacteurs du Tricastin, adjacents. Environ 2500-3000 MW pour l’usine d’enrichissement seule (depuis, avec l’ultracentrifugation, on est redescendus à 50-60 MW). 
Heureusement, 2500-3000 MW d’électricité nucléaire bas-carbone.

Mais dans un pays qui ferait de l’enrichissement avec de l’électricité majoritairement fossile (au hasard : USA, Russie, Pays-Bas, probablement aussi la Corée du Sud, le Royaume-Uni…), cet enrichissement serait fort émetteur de CO2.

Voilà un exemple qui illustre une possible explication des divergences dans les études.

Mais dans l’étude de Sovacool, qui s’intéresse au monde entier, est citée une étude s’intéressant au cas français (tableau 4 : Dones et al, 2003), et les valeurs d’intensité CO2 retenue par cette étude… cohérentes avec les 5 à 15 grammes par kWh défendus par l’industrie française ou retenus par le GIEC.
Valeurs qui montrent que le nucléaire peut être extrêmement bas-carbone.

Je signale que là, je conclus ce point en m’appuyant sur la source de référence des anti-nucléaires. Encore une fois, en analysant leurs arguments, ils se retournent contre eux…

Maintenant, une autre source que j’adore, une étude qui étudie l’impact environnemental (pas uniquement climatique) du cycle du nucléaire français.
Et elle aussi est accessible au public, bordel ! 😀

Cette étude, je lui consacrerai un thread et un billet dédiés, tant elle est géniale.

À noter qu’en raison de son âge (2014) et les dernières données auxquelles les auteurs ont eu accès, cette étude considère le cycle du nucléaire avec l’enrichissement par diffusion gazeuse.
Et elle aboutit à une valeur de 5.3 g/kWh, dont 1,7 grammes pour les mines, 0,6 pour l’enrichissement, 2,1 pour la (dé)construction des réacteurs, 0,4 pour le retraitement, et 0,1 pour la gestion des déchets.

Maintenant, petit rappel honnête : extraction des métaux (acier, aluminium, cuivre, métaux rares…), construction des centrales, gestion des déchets : toutes les filières énergétiques y ont recours, et donc émettent des gaz à effet de serre.
Rien n’égale les énergies fossiles, évidemment, mais l’éolien s’en retrouve au même niveau que le nucléaire (le GIEC retient 12 g/kWh). L’hydraulique aussi, parfois plus haut selon les sources.
Le photovoltaïque est quelque part entre 30 et 60 g/kWh. La biomasse, selon les cas, entre très bas et quelques centaines de grammes de CO2 par kWh.

Bien sûr, pour l’éolien et le solaire, on parle de production hors gestion de l’intermittence. Si l’intermittence est comblée par des batteries ou des centrales à gaz, il faut reconsidérer ces valeurs.

Bon. Maintenant qu’est atomisé le sophisme de la solution parfaite (non sourcé dans l’infographie, btw) sur les gaz à effet de serre du nucléaire, passons à la suite.

-6% d’électricité nucléaire produite dans le monde entre 2006 et 2017.

Let’s see.
Pourquoi 2006, pour commencer ?
Parce que c’est le maximum historique. Donc c’est ce qui permet de tirer le plus gros chiffre. En prenant 2005, on serait à -5%. Avec 2007, on serait à -4%.

Lien direct

Si on prend 2000 comme référence comme pour les données en haut à gauche de leur infographie, on est à +2%. Si on prend 2012, pour regarder l’évolution depuis l’après Fukushima-Daiichi, +7%.
Donc primo, le chiffre en lui-même ne vaut rien.

Deuxièmement, il faut regarder les causes de cette baisse. On va rester sur le référentiel 2006-2017, puisque c’est 2006 le maximum historique de production nucléaire mondial.
La variation, en valeur absolue, sur l’intervalle, elle est de -168 TWh. Qui fait baisser la tendance ?

Fukushima. Avant tout, Fukushima. 
La catastrophe de Fukushima-Daiichi a eu comme dommage collatéral de faire baisser la production nucléaire de 275 TWh au Japon et 91 TWh en Allemagne entre 2006 et 2017. Les seules autres baisses notables c’est Taiwan, avec -17 TWh (essentiellement à cause d’une mauvaise année 2017) et la France, -52 TWh, en raison d’une performance record du parc en 2005-2006 et peu glorieuse en 2016-2017.

Donc finalement, sans Fukushima qui a définitivement arrêté la moitié du parc japonais et temporairement arrêté l’autre moitié, et qui a donné un prétexte à l’Allemagne pour arrêter la moitié de son parc, l’autre moitié étant à suivre… Le nucléaire aurait progressé.

Fukushima n’a pas été une bonne chose pour l’industrie nucléaire mondiale, c’est un fait. Mais c’est un écueil dans une tendance positive, que ne reflète pas le chiffre avancé par le Réseau Sortir du Nucléaire

Il nous reste enfin à voir ce joli graphique intitulé :

« La part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité n’a cessé de chuter »

Bon, on va balayer très vite le chiffre sur la part du nucléaire dans l’ÉNERGIE consommée.
Le nucléaire est un moyen de production électrique. Le comparer à toute l’énergie, donc au pétrole des transports, au gaz du chauffage, etc… C’est biaisé.
En plus, c’est s’exposer à un violent retour de flamme, puisque si le nucléaire représente, en 2017, 4,4% de l’énergie primaire consommée dans le monde, 596 Mtep sur 13511 Mtep d’après la banque de donnée BP (et non pas « moins de 2% », hou le mensonge…), l’hydroélectrique en représente 6,8%, à peine davantage. Et tous les autres renouvelables réunis représentent… 3,6%.

Donc si la conclusion sous-entendue par le Réseau Sortir du Nucléaire est « le nucléaire est négligeable », solaire et éolien le sont amplement davantage.

Donc le message, c’est quoi ?
« Rien ne peut faire face aux fossiles, abandonnons la lutte contre le dérèglement climatique ! » ?

Fail.

Ou soutien caché au charbon ou au gaz, allez savoir ? ¯\_(ツ)_/¯

Maintenant, si l’on se compare non plus à toute l’énergie mais par rapport à la production électrique…
Les chiffres du réseau SDN sont bons, cette fois, c’est déjà ça. Un max à 17,5% en 1996, pour moi, et 10,3% en 2017.

Mais dans l’absolu, la production nucléaire, elle a augmenté : 2407 TWh en 1996, 2635 TWh en 2017.

Tout simplement, elle a augmenté moins vite que la consommation électrique. Donc sa part baisse.
Évidemment, l’essor de la Chine, entre temps, y est pour beaucoup. Très beaucoup. Entre 1996 et 2017, la consommation électrique mondiale a augmenté de 11800 TWh. Dont 5400 rien que pour la Chine ! Et 1100 TWh pour l’Inde.

Conclusion logique ? On y revient : le nucléaire ne se développe pas assez vite (ah bon ?).

Et si l’on pense climat… Il faut donc développer le nucléaire beaucoup plus vite.
Merci @sdnfr pour votre bêtise qui soutient l’accélération du nucléaire ! ♥

#AntinucléairesVSclimat

Le Réseau Sortir du Nucléaire, regroupement d’associations et ONG professionnalisées ou non dans le militantismes antinucléaire, a renouvelé fin 2018 sa campagne « Le nucléaire ne sauvera pas le climat », visant à nier l’intérêt de l’énergie nucléaire dans la lutte contre le dérèglement climatique.

À l’appui de cette campagne, une infographie prétendant présenter un argumentaire derrière le slogan.

Une infographie à la rigueur scientifique plus que discutable que j’ai entrepris, épaulé de Twittos bien informés, de « débunker ».

Cela a été réalisé sur Twitter au travers de neuf threads, à raison d’un à deux par page de l’infographie. Tous ces threads sont regroupés dans le thread suivant.

Je vais entreprendre de les retranscrire sur ce blog, et tous seront indexés sur cette page, afin de ne pas alourdir le sommaire sur la page d’accueil avec 9 billets sur un même sujet.

Et on commence tout de suite.

« Le nucléaire est totalement hors délai », 1/2.

« Le nucléaire est totalement hors délai », 2/2.

« Le nucléaire, c’est trop cher ! »

« Nucléaire : inadapté à un climat dégradé ».

« Face au danger climatique, multiplier les dangers nucléaires ? », 1/2.

« Face au danger climatique, multiplier les dangers nucléaires ? », 2/2.

« Économies d’énergie + renouvelables = nucléaire arrêté + climat protégé ».

« Transition énergétique : l’Allemagne montre la voie ! »

#AntinucléairesVSclimat : « Le nucléaire est totalement hors délai », 1/2.

Thread initial :

On commence fort.

« En moyenne, 10 ans pour construire un réacteur ».

Là, j’ai deux options.

La première, c’est de faire l’idiot, et abuser de leur manque de contexte. Dans ce cas, je regarde différents parcs nucléaires mondiaux.
Exemple au hasard, le parc nucléaire français : le temps entre le lancement de la construction et la divergence du cœur, il est en moyenne de… 6,3 ans, d’après la base de donnée de l’AIEA. Et même de 6,0 ans si j’exclus les réacteurs de 1450 MW qui ont été plus problématiques.
On pourrait de telle sorte regarder des tas de pays qui ont eu des programmes nucléaires ambitieux : construire des réacteurs en plus de dix ans, c’est l’exception, pas la règle.

L’autre option, c’est d’être de bonne foi et supposer qu’ils ont oublié de préciser qu’ils parlent des réacteurs de 3è génération. Mais… Ça serait une approche illogique.
En effet, cela consisterait alors en une comparaison sur un échantillon réduit (une poignée de réacteurs en service) de têtes de série non représentatives.
Est-ce qu’on parle des performances de l’éolien sur la base du prototype de Smith-Putnam, aujourd’hui ?

Ou, plus sérieusement, pour comparer des sauts de générations à d’autres, est-ce qu’on juge l’éolien sous le seul spectre des balbutiements hors de prix de l’éolien offshore ?

https://www.usinenouvelle.com/article/les-industriels-de-l-offshore-eolien-rassures-les-six-projets-verront-bien-le-jour.N709819

Donc non, un réacteur d’une filière mature, ça ne se construit pas en dix ans en moyenne. Un peu plus de 5 ans, 6 à 7 disons. Au bénéfice d’un peu plus d’1 GW de production qui se révèle, si ce n’est toujours pilotable, constante, aux arrêts pour maintenance près.
Et si l’EPR, puisqu’il est donné en exemple, ne parvient à réduire ses délais et coûts à des niveaux raisonnables… Il perdra le marché, tout simplement, au profit des chinois, russes, coréens, américains. Les réacteurs actuels ou futurs.
Parce que la vision centrée sur la France et les difficultés de l’EPR n’est pas fidèle à ce qui se fait ailleurs dans le monde, avec un marché actif de 55 réacteurs en construction en Russie, Turquie, Brésil, Émirats Arabes Unis, Argentine, Chine, France, Inde, Pakistan, Ukraine, Taiwan, Slovaquie, Japon, Finlande, Biélorussie, Bangladesh, Corée du Sud, États-Unis.

Passons à la suite.

9% d’émissions de GES évitées en mettant un réacteur en service un réacteur tous les 15 jours, ce qui serait impossible ?

Les comparaisons sont foireuses : le nucléaire n’a pas vocation a être la solution unique alternative à toutes les formes d’énergies fossiles, mais surtout dans la production électrique. Et il n’est pas déployable dans le monde entier comme solution unique…

Alors jugeons-le non pas sur des extrapolations absurdes d’hypothèses infondées, mais sur ce qui a été, et ce qui peut être projeté à l’avenir.

Le record historique du nucléaire, c’est une augmentation de la production de 600 kWh/hab/an, en moyenne sur 10 ans. En Suède.

Donc là, on est certes dans de la haute performance, mais réaliste. 
Et l’on va évidemment considérer que le nucléaire vient à la place de production au charbon, car ça sera dans le futur notre objectif prioritaire.
On remplacerait donc 600 kWh/an/hab de charbon à ~850 gCO2/kWh par du nucléaire à ~50 g/kWh en comptant large. Gain de 800 grammes de CO2 par kWh nucléaire produit.
Et l’on parle d’une production en hausse de 600 kWh par an et par personne. Donc des émissions annuelles de CO2 par habitant qui baisseraient de 480 kg, et ce chaque année pendant 10 ans en moyenne.

Arrondissons à 500.

La moyenne de l’Union Européenne, elle est à 8700 kg de CO2 émis en 2017 par habitant. Qui refuserait de baisser ses émissions à 8200 kg en 2018 ? 7300 kg en 2019 ? Sous les 5 tonnes en 2025 ? C’est possible, en développant le nucléaire comme le fit autrefois la Suède.

C’est trop lent pour suffire. Mais c’est loin d’être négligeable. Le nucléaire n’est pas la solution, personne ne dira le contraire ; mais il en fait partie.

Quelques éléments de réflexion supplémentaires, sur ce sujet, dans ce précédent billet.

On passe à la suite.

Cinquante fois plus de capacités solaires et éoliennes auraient été installées dans le monde que de nucléaire, depuis 2000

Bon, je ne vais pas vous faire l’affront de vous expliquer la notion de facteur de charge, vous savez qu’aucun moyen de production ne produit 100% du temps à sa valeur nominale.

Avec 400 GW de nucléaire en service (en comptant les réacteurs japonais dont on attend le redémarrage) pour une production de 2500 TWh/an, on a un facteur de charge moyen de 71% – plombé, particulièrement, par le Japon.
Pour l’éolien, on parle, en 2017, d’une production de 1100 TWh pour un parc de 515 GW. Pour le solaire, 440 TWh pour 400 GW installés. Donc des facteurs de charge respectifs de 24% et 13%. C’marrant, ce sont exactement les mêmes valeurs que la France ^^ »

Donc si on raisonne en production moyenne et non plus nominale (ou « puissance crête »), les +35 GW de nucléaire, +399 GW de solaire, +497 GW d’éoliens mentionnés produisent respectivement l’équivalent de +25 GW, +52 GW et +119 GW.
Damned, c’est déjà beaucoup moins impressionnant.

Je vous rappelle que je fais une erreur grave, je suis désolé, je compare des choses pas comparable : la production nucléaire n’est pas intermittente comme le solaire ou l’éolien, elle…
Mais j’essaye d’expliquer simplement. Et, de toute façon, mon erreur est en défaveur du nucléaire, donc je me l’autorise.

Pour affiner sur l’intermittence, j’ai déjà abondé sur ce sujet ici et .

En prenant en compte le facteur de charge, on a réduit l’asymétrie, mais l’éolien colle toujours presque un facteur 6 au nucléaire !
Sauf que… Jetons un œil à une autre page de l’infographie, traitée par @astrochnis dans le thread ci-dessous…

Celle-ci nous apprend que le solaire et l’éolien auraient, pour afficher un tel développement, bénéficié d’investissements 20x supérieurs à ceux dans le nucléaire.

Donc.

Donc il est manifestement plus coûteux, d’après les données du Réseau Sortir du Nucléaire d’investir dans l’éolien et le solaire que dans le nucléaire.
À production égale. Et à plus grand service rendu pour le nucléaire (l’intermittence, tout ça…).


Bon, bah concluons simplement par… Oups ! ^_ ^

La suite de cette première page de cette infographie dans le billet suivant.
Moi, je m’en vais savourer cette fin où le pseudo-argumentaire des antinucléaires se retourne 🙃 contre eux quand on l’analyse intelligemment 😘


De la suffisance des réserves mondiales d’uranium

Ce billet est issu d’un thread rédigé en réponse à une question posée sur Twitter. Vous pouvez retrouver la question et le thread à ce lien ou ci-dessous.

La raison pour laquelle on peut tout entendre… C’est que ça dépend d’un paquet de paramètres.
Aux conditions actuelles d’extraction, d’enrichissement, d’utilisation, de recyclage, et compte tenu des réserves connues, ouais, environ 100 ans à consommation à peu près constante.
Mais y’a des variables d’ajustement à tous les niveaux du cycle du combustible :

  • extraction
  • enrichissement
  • consommation
  • recyclage

Ce qui limite ces ajustements, c’est un peu la technique, beaucoup l’économie : aujourd’hui, l’uranium coûte une misère, donc 0 effort pour l’économiser. On n’exploite que les gisements les plus riches, on enrichit sans forcer, on consomme sans optimiser, on recycle à peine.

Ce qui permettrait ces ajustements, ce serait un coût de l’uranium plus élevé… Justement quand il commencera à se faire un peu plus rare. Comme le pétrole où les gisements étaient plus nombreux au fur et à mesure que les prix sont montés. Comme toute ressource naturelle de stock, en fait (hydrocarbures, métaux…).

Et ce qui est cool avec le nucléaire, c’est que l’uranium c’est quelque chose comme 1-2% du prix du kWh payé par l’usager, en France en tout cas. De l’ordre de 0,15 centimes sur les 15 centimes que coûte un kWh.

On pourrait proposer un petit calcul d’ordre de grandeur pour le constater. La production électronucléaire française nominale est de 420 TWh pour 8000 tonnes « métal lourd » d’uranium naturel, soit 9400 tonnes d’octaoxyde de triuranium, la forme sous laquelle il s’échange sur les marchés.
Son prix
oscille actuellement autour de 35 US$/lb, soit 67 €/kg.
Cela nous conduit à 630 millions d’euros d’uranium, pour 420 millions de mégawattheures produits, donc un prix de l’uranium de 1,5 €/MWh, ou 0,15 centimes par kWh.

Donc même une augmentation d’un facteur 10 sur le coût de l’uranium, ça va augmenter le kWh d’un centime et demi sur plusieurs décennies, c’est négligeable.
Si les conditions économiques permettent d’envisager des paramètres d’ajustement du ratio consommation/stock d’uranium, quels sont-ils ?

Liste non exhaustive.

Exploitation de l’uranium naturel

  • 1) Exploiter des gisements moins riches. Très simple, faut juste vérifier que ça reste rentable.
  • 2) Exploiter des « gisements secondaires » : cendres de charbon, résidus miniers de d’autres industries minières… Même chose, rien de sorcier, juste une question de rentabilité.

Ces deux options permettent de gagner pas mal de ressources, sans changer les ordres de grandeur, je pense, mais sans être très chères.

  • 3) Exploiter l’uranium marin.

Là, on est sur une idée un peu folle, compliquée techniquement (et donc chère) à mettre en œuvre, mais extraire l’uranium naturellement dissout dans l’eau de mer multiplierait les réserves par… Beaucoup. Plus d’info dans le thread ci-dessous.

  • 4) Récupérer l’uranium hautement enrichi ou le plutonium des armes nucléaires. Ça s’est déjà fait, aucune difficulté technique ni économique, faut juste avoir des pays qui se désarment ^^

Enrichissement

  • 5) Il faut enrichir plus… En France, quand on enrichit l’uranium, on fait 1 tonne d’enrichi à 3-4% et 7 tonnes d’appauvri à 0,3% à partir de 8 tonnes de naturel à 0,7%.
    Si on poussait l’enrichissement pour réduire la teneur dans l’appauvri à 0,2%, voir 0,1%, alors on économiserait de l’uranium naturel, à production d’uranium enrichi égale.
    Mais enrichir coûte cher, et l’uranium naturel, aujourd’hui, ne coûte rien. On se fatigue pas, donc.
    Mais puisque l’appauvri n’est pas perdu mais sagement entreposé chez nous, on pourrait toujours ultérieurement en tirer encore un peu d’enrichi si le besoin le justifiait, pas de problème, c’est pensé pour.

Utilisation en réacteurs

  • 6) On peut tirer, en fonction du taux d’enrichissement, de sa fabrication, de son mode d’utilisation, plus ou moins d’énergie d’une tonne de combustible nucléaire. Là encore, question d’équilibre économique entre faire l’effort ou gâcher de l’U qui coûte rien.
    Et ce n’est pas marginal, parce qu’en augmentant un peu l’enrichissement (de 3.5% à 4.5%), on arrive à quasiment doubler la quantité d’énergie qu’on peut tirer d’une tonne de combustible. Toutefois, ça induit de multiples contraintes, sur la gestion du cœur et sur le retraitement. Rien d’insurmontable, ça s’est même déjà fait, mais ça coûte.

Retraitement-Recyclage

  • 7) Actuellement, en France, produit un peu plus de 10% de notre électricité nucléaire avec du combustible recyclé, avec le MOx (récupération du plutonium et de l’uranium du combustible usé et fabrication de combustible neuf avec).
    D’une part, on pourrait pousser ce concept plus loin, parce qu’aujourd’hui on ne récupère qu’une partie de l’uranium usé pour l’associer au plutonium, mais on pourrait aussi récupérer le reste et le ré-enrichir. C’est le projet d’EDF, de manière à monter à 25% de production à base de combustible recyclé d’ici l’horizon 2025.
    Pas de verrou technique, ça s’est déjà fait sur une centrale nucléaire avant d’être abandonné… Par raison économique.
    Par contre, le recyclage, même limité, est loin d’être généralisé au monde entier. Donc y’a un moyen de pousser plus loin le recyclage à échelle mondiale et donc d’économiser considérablement de la ressource en uranium.

Bon, jusqu’à présent, à part pour l’uranium marin, j’ai évoqué des solutions assez modestes et qui jouent marginalement sur l’ordre de grandeur. Capable de multiplier les ressources par 2, 3 , peut-être, j’en sais rien… Mais on va finir GRAND.

  • 8) La FUCKING surgénération. Le plutonium, on le recycle qu’une fois. Avec des réacteurs surgénérateurs, déjà, on va pouvoir le recycler des tas de fois. Et, surtout, on va pouvoir en produire des quantités astronomiques.
    Juste à base d’uranium appauvri. On a notre cœur de réacteur surgénérateur, enrobé d’uranium appauvri qui va absorber les neutrons qui vont s’échapper du cœur. ET PAF. Neutron, uranium 238, bim, plutonium 239. Bon, c’pas si simple, mais le résultat est celui-là.
    Et du coup, en France, on se retrouverait à pouvoir alimenter un parc de surgénérateurs plusieurs millénaires, voire plusieurs dizaines de milliers d’années.
    Juste avec l’uranium appauvri qu’on a déjà en stock, purifié, entreposé, tout prêt. Sans avoir plus besoin d’extraire un gramme du sol (une fois le cycle lancé, ce qui nécessite une longue phase de transition tout de même).
    Et à l’échelle mondiale, c’est l’idée aussi. En ajoutant la surgénération basée non plus sur l’uranium, mais sur le thorium (+ abondant que l’U), c’est encore plus la fête du slip.

Bon, par contre, la surgéné, c’est compliqué – faisable, des réacteurs l’ont montré (Phénix…) et le montrent encore (BN-600, 800…) – mais compliqué. Et donc cher à terme, très cher aujourd’hui (car pas mature).
Un peu comme l’extraction de l’U marin. Mais du coup, le jour où les réserves d’uranium commencent à être un problème, on a 6 variables (à ma connaissance) d’ajustement pour se donner un peu de large…

Et se mettre sérieusement à bosser sur les 2 dernières variables qui, elles, ne donnent pas « un peu de large » mais des réserves… Illimitées, en fait, à l’échelle de notre civilisation.

Voilà mon petit panoramique. Basé sur mes souvenirs de cours du cycle du combustible et d’économie du nucléaire. J’prétends pas l’exactitude parfaite, notamment ce qui concerne l’extraction qui est hors de mon périmètre, mais l’essentiel y est, je crois !

La part du nucléaire est dérisoire…

…et ce dernier est donc inapte à jouer un rôle significatif dans la transition énergétique.

Vraiment ?

Le présent article est repris d’un thread publié sur Twitter, que vous pouvez retrouver à cette adresse et ci-dessous.

La réponse est très simple : aucun moyen de production peu émetteur de gaz a effet de serre n’est suffisant ou suffisamment rapide en l’état actuel.

Il faut plusieurs d’entre eux, plus vite qu’aujourd’hui, voire plus vite que jamais.
Et le nucléaire n’est pas significativement en retard sur ce qu’on appelle les énergies nouvelles. 

Et pour une fois, pas de long discours, mais des images qui parleront pour elles-mêmes.

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Quelques données pour comprendre certains aspects de ces graphiques.

  • On n’y parle que de mix électrique, et non pas de mix énergétique. Car c’est sur l’électricité que nucléaire, hydraulique, et ENR (Énergies Nouvelles Renouvelables) peuvent aujourd’hui avoir un impact important.
  • On ne compare que les énergie bas-carbone entre elles, qui représentent environ 90% du mix électrique en France, 50% en Europe, 40% en Amérique du Nord et 30% en Asie-Pacifique et en moyenne mondiale. Les fossiles dominent encore largement (charbon en tête, suivi de gaz).
  • L catégorie « autres » est de très loin dominée par la biomasse, suivie de la géothermie, suivie d’un peu tout le reste à l’état de traces.

À l’échelle mondiale, la majorité du travail de « dé-carbonation » de l’électricité reste à faire, mais tous les moyens de production d’électricité bas-carbone sont susceptibles d’y participer à échelle mondiale, certains plus que d’autres en fonction des spécificités locales.

Et s’il fallait absolument retenir que certains sont trop insignifiants pour peser significativement, le nucléaire n’en fait pas partie.