L’entreposage en surface ou en subsurface

Retrouvez tous les articles consacrés aux alternatives au stockage géologique ici.

Sans rire, on pourrait tout à fait se contenter de cela. L’entreposage c’est temporaire, donc ça ne peut pas constituer une alternative au stockage, dont l’objet est d’être définitif.
Mais je vais broder un peu. Déjà, l’entreposage, c’est ce qu’on fait actuellement ! Les déchets à vie longue, on les entrepose en puits ventilés où ils sont surveillés et refroidis.

Ça marche bien, c’est robuste (au sens de la sûreté), y’a pas de souci à faire ça quelques décennies, et on pourrait probablement même construire un site d’entreposage capable d’encaisser un siècle ou deux. À condition d’en assurer la maintenance et faire en sorte que, à terme, on sache et on puisse reprendre les déchets, éventuellement les re-conditionner, puis les ré-entreposer dans un nouveau site.

Y’a aucun problème de faisabilité, tant que notre société moderne perdure, ses savoirs-faire, et sa capacité à assurer cette charge.

Parce que, oui, c’est quand même une charge : des coûts permanents (entretien, surveillance, reprise des déchets…) et forcément, les risques qui vont avec. Et c’est pour ça que dans l’Histoire de la recherche sur les déchets nucléaires, en France, cette solution a été écartée pour le long terme.
Elle est néanmoins aujourd’hui défendue par la plupart des partis politiques et associations antinucléaires.
Quand ils parlent de garder les déchets en surface, ou de « stockage [alors qu’il s’agit d’entreposage] en sub-surface », c’est ce qu’ils ont en tête. Ou en tout cas, c’est ce pour quoi ils militent, consciemment ou non !

Ceci étant dit… Je n’ai rien à ajouter, personnellement. Je vais continuer ce thread par des citations de l’IRSN, extraites de ce rapport, sur cette solution défendue par le camp du bien.

L’entreposage relève ainsi d’un principe de « sûreté active », c’est-à-dire nécessitant une intervention humaine […], alors que le stockage repose sur un dispositif de sûreté passive après sa fermeture. Cette notion de sûreté constitue également un attendu pour les solutions alternatives évoquées dans les autres chapitres de ce rapport.

Sur la base des définitions précédentes, l’entreposage ne constitue pas à proprement parler une alternative au stockage géologique en tant que solution définitive […] dans la mesure où il renvoie à une intention de reprise des déchets.

Opter pour l’entreposage peut en revanche délibérément constituer une alternative à la décision de créer un stockage permettant de renvoyer à plus tard le choix d’une solution définitive.

La nécessité d’exercer une activité de surveillance et de maintenance conduit à recourir au principe de « tutelle » selon lequel il revient générations successives de surveiller et superviser les déchets

Les inconvénients soulignés par NWMO [l’ANDRA canadienne] pour les entreposages sont un cycle indéfini d’activités de surveillance, de remplacement et de rénovation et pour le public une absence de décision et un transfert de responsabilité aux générations futures.

La sûreté de l’entreposage longue durée n’est durable que si les sociétés futures peuvent maintenir ces responsabilités, ce qui ne peut pas être garanti perpétuellement.

J’ai fait le tour, mais on va à juste titre de ne choisir que des citations à charge, donc je conclurai sur les avantages :

  • Il y a peu d’incertitudes sur la sûreté à court terme parce qu’on sait déjà faire, suffit de continuer ce qu’on sait faire, avec succès,
  • Ça coûte pas trop cher puisque les coûts sont répartis sur une durée quasiment infinie,
  • Ça laisse pleinement le choix aux générations futures de prendre les décisions à notre place, on ne les engage à rien (sauf à gérer les déchets à notre place, bon, ok),
  • Ça permet d’attendre le développement et la mâturation d’une alternative comme celles que l’on va présenter, ou d’espérer l’apparition d’une alternative inédite.

Finalement, trancher entre entreposage et stockage, ça consiste à trancher entre léguer les déchets et les risques mais en laissant le choix aux générations futures, ou leur épargner ça mais sans leur demander leur avis – enfin, on prévoit quand même un bon siècle de réversibilité sur le stockage, mais passé ce délai, probablement plus de retour en arrière possible…

C’est un débat quasi-purement éthique, en fait. Donc qui a sa place comme débat de société, où je pense pouvoir dire que toutes les opinions se valent plus ou moins (contrairement aux débats scientifiques).
Ça mériterait peut-être d’être traité comme tel ? Au final ? Que les antinucléaires arrêtent de raconter n’imp’ sur le stockage, et qu’on se pose clairement sur le fait qu’on doit trancher sur ce qu’on s’autorise à léguer aux générations futures.

Réjouissons-nous, on a le choix. La biodiversité qui se meurt et les bouleversements climatiques, on est pas partis pour se poser la question de si on les lègue ou non… Mais c’est pas le sujet.

Prochain article, la transmutation !

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1 réflexion sur « L’entreposage en surface ou en subsurface »

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